Mardi, 14 Juin 2022 19:29
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LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DES CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME : le Sénégal devenu un bon élève. Favori

La CDEAO, à travers son bras armé le GIABA, fait de la lutte contre le blanchiment de l'argent et le financement du terrorisme un combat de tous les jours. Dans ce cadre, le Sénégal fait partie des pays les plus remarquables, si l'on en croit les propos du Ministre de la Justice qui se prononçait à l'occasion de la 25ème réunion ministérielle du GIABA qui s'est tenue à Saly Portudal.

La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) constitue l'un des défis les plus complexes auxquels sont confrontés les pays africains. Dans un contexte où le terrorisme gagne de jour en jour du terrain, les sénégalais peuvent se réjouir de la situation de leur pays en matière de LBC/FT. En tout, c'est l'idée du Ministre de la Justice, Malick Sall après la distinction du Sénégal par le GIAB. Pour lui, « c'est un grand motif de satisfaction et de fierté. Cela montre que notre pays se positionne en leader dans ce secteur, un leadership apprécié par ses pairs ». En effet, lors de la rencontre, le Sénégal a été couronné de trois prix. « Le premier prix honorifique concerne la contribution du Sénégal dans les rapports d'évaluation mutuels des 15 pays de la CEDEAO, de Sao Tomé et Principe et des Comores. Le deuxième prix pour le mentorat concerne l'aide que le Sénégal accorde à d'autres pays pour accéder au groupe Egmont, le groupe des cellules de renseignements financiers dans le monde et enfin le troisième prix honorifique concerne la collaboration et le soutien aux activités du GIABA », a informé le Directeur Général du GIABA, Kimé Labalou Abba. Du coup, Malick Sall annonce que le Sénégal sortira de la zone grise du GAFI dès le mois de septembre prochain. « Vous savez que nous avons mis en place les textes qui nous permettent d'identifier les bénéficiaires effectifs des entreprises, et qui nous avait valu d'être dans cette liste grise. Ce texte maintenant est effectif. Nous avons mis en place l'Office national de recouvrement des avoirs criminels qui, aujourd'hui, est fonctionnel et qui a son Directeur et son Conseil d'administration. Donc, ce sont les deux points qui avaient été retardés et qui avaient amené le Sénégal à être dans cette zone grise », a rappelé le Ministre. Avant de poursuivre : « ces points sont comblés et je pense qu'au rapport de septembre, vous verrez que le Sénégal sera dans une posture beaucoup plus agréable. D'ailleurs, si on vient à un forum comme ça et que le Sénégal est accueilli par trois prix, cela veut dire que ceux qui nous avaient mis dans cette zone grise ont reconnu notre travail », s'est vanté le garde des sceaux.

Par ailleurs, l'occasion de cette réunion a été saisie par le GIABA pour présenter et adopter les rapports d'évaluation mutuelle du Togo et de la Gambie. Dans cette veine, le Directeur Général du GIABA a montré les deux pays ont eu des notations faibles pour presque l'ensemble des résultats immédiats qui sont des indicateurs de performances d'efficacité. Mais, précise-t-il, « ce qui est essentiel dans une évaluation mutuelle, c'est que le pays est amené à prendre des mesures nécessaires en vue de corriger les lacunes stratégiques, identifiées et consignées dans le rapport d'évaluation mutuelle. Et je pense que l'engagement de haut niveau pris par les autorités de ces deux pays va nous assurer que ces recommandations seront mises en œuvre ou renforcer les dispositifs juridiques et institutionnels ».

Pour rappel, les rapports d'évaluation mutuelle sont un exercice par lequel l'institution apprécie les efforts déployés par les Etats membres, les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des normes définies au niveau mondial. De ce fait, « un calendrier a été établi pour évaluer ces Etats membres. Ces derniers temps c'était le tour du Togo et de la Gambie... », renseigne le DG Abba qui finit son mandat à la tête du GIABA en fin juin prochain. D'ailleurs Kimé Labalou Abba a profité de l'occasion pour faire le bilan des 52 mois qu'il a passé à la tête de l'institution. Selon lui, depuis qu'il est à sa tête, « je puis affirmer sans me tromper que le GIABA a amorcé sa montée en puissance et plus rien ne devra l'arrêter dans cette dynamique. L'élan actuel doit par conséquent être maintenu et les efforts en cours être soutenus et pérennisés pour obtenir des résultats dans les délais impartis. Je reste très optimiste qu'avec votre appui au nouveau DG et à son équipe, dans deux ou trois ans maximums, le GIABA redeviendra un ORTG efficace et exemplaire, et retrouvera sa notoriété d'antan », a soutenu le juge Abba.

idy niang

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